Quelques photos d'Octave Sanspoux

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NIVELLES AVANT-GUERRE

 

 

Photo 7 : le docteur Clément Lavand'Homme

 

Arrivé à Nivelles vers 1905-1906, le docteur Lavend'Homme était Installé au début de la rue Seutin, une grande maison avec porte cochère. 

 

Lors de la déportation massive en 1917, il a beaucoup aidé les Nivellois. Outre le fait qu'il a placé des plâtres aux jambes, aux bras, il a fait hospitaliser de nombreux faux malades, a rédigé des dizaines de faux certificats. Au début de la déportation, pendant l'hiver 1917, il a trouvé un fille morte dans sa salle de consultation après avoir soigné son dernier patient. Accusé de l'avoir fait avorter, il a été jeté en prison. Comme témoin, il avait donné le nom de son dernier patient pour prouver qu'il n'y avait plus personne après lui. Malheureusement, ce patient a été déporté le lendemain. Les Allemands avaient commencé à constater qu'il y avait beaucoup de visites de Nivellois chez le docteur Lavend'Homme et que ses certificats étaient nombreux. Après quinze jours de prisons, les femmes de Nivelles ont perdu patience. Une centaine se sont réunies et ont marché vers la prison munies de fourches, de pelles et de bâtons juste après le couvre-feu. Elles se sont assises par terre en criant et en menaçant les autorités belges de se faire prendre toutes par les Allemands si le docteur n'était pas libéré. Vers 20 heures, le procureur a donné l'ordre de faire sortir le docteur. Il a été porté en triomphe par le groupe de femmes et a été reconduit chez lui, porté sur les épaules des plus fortes. A la libération, le déporté a été témoigné en sa faveur et a été réhabilité.

 

Après la guerre de 1945, le docteur Lavend'Homme a pris sa retraite et est parti à Bruxelles chez son fils qui était chirurgien à la clinique Lonchamp. Il revenait souvent à Nivelles lors de l'enterrement de patients qu'il avait soigné. Un jour, en retournant chez lui, il n'a pu éviter un cycliste qui a dérapé sur la route mouillée. Ce cycliste est décédé. En arrivant chez lui, il s'est mis au lit et est décédé à son tour quelques jours plus tard.

 

Le docteur n'était pas riche. Il avait donné énormément de soins aux malheureux sans se faire payer. A cette époque, la mutuelle n'existait pas. Malgré son âge, il était resté svelte et son regard bleu inspirait la confiance.