Auguste Despret

Photographe de 1870 à 1897

Auguste Despret n'est pas le premier photographe installé à Nivelles, mais il est en tout cas le premier à avoir instauré une photographie populaire, commerciale et extrêmement diversifiée à travers des procédés qu'il a lui-même créés.

 

Auguste Despret est issu d'une famille d'imprimeurs, lithographes, libraires, installés de longue date à Nivelles. Il est né à Nivelles le 8 juin 1827.  Il était avant tout un imprimeur-lithographe. Il était installé rue de Soignies, 7, à Nivelles, depuis au moins 1864. En 1873, une de ses factures annonce, imprimé en marge, que la photographie fait partie de ses diverses activités. En 1876, comme le prouve la publicité ci-dessous parue dans la Gazette de Nivelles et de l'Arrondissement, il était installé comme photographe au coin de la rue de Soignies et de la rue de l'Ecole. Il Il est membre fondateur de l'Association Belge de Photographie.

 

Chronologie

 

1869 ou 1870

Il débute son métier de photographe. D'après la date indiquée sur les pochettes photo de son fils Emmanuel, il aurait débuté la photographie en 1869. Le dos cartonné de certaines photos d'Auguste Despret annonce que son atelier de photographie a été fondé en 1870.

 

De 1870 à plus ou moins 1880 

Il est installé rue de Soignies 7, au coin de la rue de l'Ecole (rue Seutin actuelle) et de la rue de Soignies. Il obtient un premier brevet le 15 septembre 1879 pour un procédé de fabrication de fixations permanentes et de fixations sur des tissus ou tout autre support des photographies destinées à la peinture à l'huile ou à l'aquarelle

 

Vers 1880 à 1897 (année de son décès)

Il s'est installé Grand-Place, 75 ou 77, à Nivelles. Le 15 septembre 1885, il a reçu un second brevet d'invention pour un processus de photographie permanente. Il fut "honoré des félicitations de Sa Majesté le Roi" pour ses deux brevets d'invention. En 1880, lors d'une exposition à Bruxelles, il expose des portraits agrandis sur toile, recouverts de peinture à l'huile, des photolithographies et de collotypes non colorés.

  

De 1881 à 1886

Il se dit successeur de Walter Damry, rue du Pont-Neuf, 43, à Bruxelles. Apparemment, il s'agissait d'Alphonse Galimard-Beele qui y avait travaillé à peine une année avant son décès prématuré. Henri Schuerens succédera à Auguste Despret

 

De 1886 à 1891

On retrouve Auguste Despret rue Neuve, 22 ou 28, à Bruxelles comme photographe et peintre. Ses deux ateliers coexistaient à Bruxelles à cette époque.

 

De mars 1887 à avril 1897

Il ouvre une succursale à Ypres, rue de Lille, 7. M. Honoré Antony-Permeke est désigné comme représentant sur une publicité parue dans le journal "Le Progrès" (voir ci-dessous). Léontine Permeke, son épouse, est la tante du peintre Constant Permeke. Le succès est tel, qu'au 15 avril 1897 et suite au décès d'Auguste Despret, la maison «Antony-Permeke» vole de ses propres ailes comme annoncé dans le Journal d'Ypres dans une publicité parue de juin à octobre de la même année (voir ci-dessous). Honoré Antony y stipule qu'il travaillait pour Auguste Despret depuis 12 ans, soit 1885, hors une publicité parue dans le journal Le Progrès en mars 1887 annonce l'ouverture de la succursale de Despret à Ypres sans préciser le nom de son représentant. Celui-ci apparaît en mai 1887 soit 10 ans avant le décès d'Auguste Despret. Il est possible que Honoré Antony travaillât pour Auguste Despret dans un de ses autres ateliers auparavant. On le retrouve ensuite à la rue au Beurre, 11, à Ypres.

 

De 1893 à 1896 

On le retrouve rue Duquesnoy, 4, à Bruxelles, au coin de la rue de la Madeleine, 41, comme photographe artistique et industriel. 

 

1897

A son décès, Il possédait trois ateliers :

 

1) Nivelles, Grand-Place, 75 ou 77

2) Bruxelles, rue Duquesnoy, 4

 

3) Ypres, rue au Beurre, 11

 

Il décède le 6 avril 1897.

Léontine Permeke, tante du peintre Constant Permeke, a tenu une filiale d'Auguste Despret, à Ypres, à partir de 1887, avec son époux Honoré Anthony.

Publicités imprimées au dos des photos et divers

Quelques publicités

Quelques photos d'Auguste Despret

 

 

Histoire d'une photo panoramique

(Article paru dans le journal L'Aclot du 26 mai 1889)

 

La maison Despret vient d'exposer une superbe photographie de Nivelles : au moyen d'un appareil placé sur le belvédère d'une habitation appartenant à M. Léon Gheude et perchée au sommet du Mont-Saint-Roch, on est parvenu à obtenir un cliché embrassant toute la ville. C'est, croyons-nous, la plus belle vue d'ensemble que l'on puisse prendre de Nivelles: la situation est admirable et le panorama ravissant.

Peut-être avons-nous regardé cette planche avec les yeux épris de l'amoureux qui contemple l'image de sa belle et qui ne lui trouve nulle imperfection. Mais il n'en est pas moins vrai que nous sommes en présence d'un travail remarquable et par l'intérêt du sujet et par le fini de l'exécution.

 

(L'article signale également qu'une série de photos de vues nivelloises a été exécutée 30 ans auparavant, soit vers 1859, ce qui est réellement extraordinaire. Il est possible que les quatre premières photos de la galerie ci-dessus en fassent partie. Elles représentent les maisons qui étaient érigées à l'emplacement du palais de justice actuel. L'Armonak des Aclots de 1891 annonce une série de 25 photo de Nivelles. Voir la liste ci-dessous)

 

 

Facture des "Frères Despret" datée du 6 mars 1851